Vers une « démotorisation » en douceur

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POP’SCIENCES MAG N°2, NOVEMBRE 2018

La façon de se déplacer au sein des grandes agglomérations a beaucoup évolué en quelques années. Bien que la voiture individuelle y occupe toujours une place de choix, celle-ci ne cesse de perdre du terrain au profit d’alternatives en tout genre.

Transports collectifs, autopartage, vélos en libre-service, covoiturage, scooters et autres trottinettes électriques en « free-floating »*… Nous avons désormais l’embarras du choix pour cheminer à travers la ville autrement qu’avec notre voiture. Néanmoins, chacune de ces solutions étant souvent adaptée à un environnement donné, le citadin a de plus en plus tendance à jouer la carte de la complémentarité pour organiser ses déplacements. Avec la diversification des offres de mobilité émergent ainsi les concepts de multimodalité et d’intermodalité consistant à combiner différents moyens de transport pour se déplacer. « Le citoyen joue un rôle crucial dans l’émergence de ces nouvelles manières d’être mobile, car c’est lui qui décide ou non de s’approprier une innovation », souligne Olivier Klein, directeur-adjoint du Laboratoire Aménagement Economie Transports (LAET, Unité CNRS/Université Lumière Lyon 2/ENTPE), où il étudie les déterminants des comportements de mobilité. Visant à cerner le rapport que les jeunes urbains entretiennent de nos jours avec l’automobile, l’enquête Evolmob a été menée auprès d’un panel de citadins des agglomérations de Lyon et de Grenoble âgés de 18 à 35 ans. Publiés en 2016 dans le cadre du Forum Vie Mobiles, ces travaux montrent que l’acquisition d’une voiture et son utilisation par les jeunes urbains diminue pour la première fois depuis plusieurs décennies au profit d’autres formes de mobilité : « Perçue avant tout comme un objet fonctionnel par les jeunes interrogés, la voiture ne reflète plus chez eux une forme de réussite sociale, mais est au contraire de plus en plus perçue comme une contrainte », analyse Pascal Pochet, économiste au LAET ayant contribué à cette étude.

L’aire de pertinence d’utilisation de la bicyclette est passée de 5 à 10 km

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Tandis que la voiture individuelle perd progressivement du terrain en milieu urbain en faveur d’une mobilité douce et active comme le vélo et la marche à pied, la situation reste plus nuancée à l’échelle de l’agglomération. Ainsi, si la part modale** de l’automobile a diminué de 6% dans le Grand Lyon entre 2006 et 2015, sur la même période, elle a augmenté de 4% dans l’Est de la métropole. « Bien que cette tendance à la “démotorisation” se généralise dans les centres-villes, on observe en parallèle une poursuite de la croissance de l’utilisation de l’automobile dans les secteurs où l’étalement urbain est le plus marqué, ces derniers étant de fait moins bien desservis par les transports en commun », détaille Olivier Klein. Si pour des raisons d’ordre économique, les acteurs publics de la mobilité ne peuvent se permettre de développer davantage le transport collectif dans ces quartiers à faible densité de population, d’autres solutions à la fois peu coûteuses et faciles à mettre en place existent. Alors que l’utilisation du vélo à assistance électrique s’est aujourd’hui largement démocratisée, il n’est, par exemple, plus du tout utopique de le considérer comme une alternative sérieuse à la voiture individuelle, y compris dans le périurbain. « Grâce au vélo à assistance électrique, l’aire de pertinence d’utilisation de la bicyclette est passée de 5 à 10 km autour de notre domicile, ce qui demeure en dessous de la distance moyenne parcourue chaque jour par un habitant de l’agglomération lyonnaise », précise Pascal Pochet. Pour peu que les collectivités locales incitent à son utilisation en subventionnant ou en développant les pistes cyclables vers la banlieue, le vélo à assistance électrique a sans doute une belle carte à jouer dans le paysage urbain actuel.

* Ce système de location en libre-service sans station permet de louer un vélo, une trottinette ou un scooter électrique via une simple application pour smartphone, sans la contrainte de devoir restituer le véhicule en un endroit précis.

** Proportion de trajets quotidiens effectués à l’aide d’un même mode de transport à l’échelle d’un territoire donné.

www.popsciences.lyon-université.fr

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Rayonnements ionisants: L’exposition des enfants diminue

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